Depuis 2007, Loïc Destaillats, gère une exploitation agricole au cœur de Monségur (40). Fils et petit-fils d’agriculteur, il connaît le métier par cœur et voue un attachement profond à son terroir. Malgré la crise, il continue à investir et croit en une agriculture plus résiliente et raisonnée.

Octobre, fin des récoltes. Loïc Destaillats, agriculteur à Monségur (40) peut souffler un peu. Comme chaque année, la saison a été des plus intenses, et la Covid-19 a rajouté une nouvelle incertitude. Confinement, pénurie de main d’œuvre, climat capricieux… Rien n’aura été épargné aux agriculteurs de la région. « Depuis deux ans, on a tout connu : la grêle, les inondations, les orages et les fortes chaleurs, avoue Loïc Destaillats, un brin désemparé. Et maintenant, c’est le Covid ! Il faut tenir bon, mais cette pandémie jette un voile sombre sur l’avenir. Et puis, il faut l’avouer, le climat devient fou, et en tant qu’agriculteur, je redoute les séquences extrêmes de canicule et de pluie intense. »

Rubinettes et maïs semence

Enfant de la terre, Loïc Destaillats a toujours vécu au rythme des saisons, avec des parents et arrières-parents agriculteurs comme lui. Le sillon semblait donc tout tracé pour ce minot du terroir. C’est donc tout naturellement qu’en 2007, Loïc rachète une exploitation de 58 hectares non loin de Hagetmau. « Très rapidement, j’ai eu l’opportunité d’acquérir du foncier aux alentours et mon exploitation s’est vite développée, détaille-t-il. Aujourd’hui, elle fait 250 hectares, dont 175 ha de maïs dédié à la consommation animale. » Le reste de l’exploitation se compose d’environ 5,5 ha d’arbres fruitiers, principalement des pommiers (Royal Gala, Chantecler, Rubinette Fuji, Chantegrise…) et des kiwis.

A cela s’ajoute une parcelle de 40 ha réservée au maïs semence. « Depuis 2009, nous sommes sous-contrat avec des semenciers, qui nous fournissent des plants de maïs mâles et femelles, explique-t-il. En clair, nous sommes chargés de la multiplication des semences selon un cahier des charges strict et précis. » Mise en culture, obtention des grains, récolte : ce travail requiert beaucoup de main d’œuvre – jusqu’à 40 saisonniers – car il faut déflorer certains plants à la main, pour créer de nouvelles variétés.

Agriculture raisonnée

Soucieux de l’environnement, Loïc Destaillats travaille la terre à sa façon. Pas de labourage comme autrefois, ni de pesticides à tout-va. Depuis deux ans, il teste le semis direct sous couvert végétal. Une méthode naturelle – appelée agriculture de conservation – qui ne déstructure pas la qualité du sol et permet à la terre de se régénérer plus rapidement. « Nous pratiquons également le défeuillage sur place, ce qui génère de la matière organique, et ce compost naturel nourrit nos arbres fruitiers. »

Pour soutenir cette agriculture raisonnée, Loïc Destaillats a pu compter sur le Crédit Agricole Aquitaine, qui l’a suivi dès son installation. « La banque mutualiste m’a aidé dans l’acquisition du foncier puis dans le développement de mon activité, en finançant l’achat de machine-outils adaptées à la taille de mon exploitation, reconnaît-il. Cette année, le Crédit Agricole Aquitaine est encore à mes côtés pour financer la construction d’un séchoir pour le maïs et l’acquisition d’une chambre froide, en vue d’améliorer la qualité de conservation des fruits ainsi que leur stockage jusqu’à leur commercialisation. »

Sur l’exploitation, la femme de Loïc tient un magasin de vente en direct. On y retrouve les pommes, les kiwis, mais aussi du jus de pommes fermier, issu de différentes variétés. « Mes parents avaient l’habitude d’en produire, et nous avons décidé de relancer l’activité l’an dernier. » En quelques semaines, Loïc Destaillats a écoulé ses 1 300 bouteilles, et il vise les 3 000 bouteilles pour le cru 2020-2021 !

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