Ouvert en mars 2020, la Ferme de l’Or Vert, à Bruges (33) produit de la spiruline artisanale. Rencontre avec Fatima Hamaidi, qui a quitté sa vie citadine pour cultiver cet or vert avec Arthur Floréan.

Retenez bien ce nom : spiruline. Cette petite algue, qui pousse naturellement sous l’équateur, a tout d’une grande ! Riche en protéines, en vitamines et en fer, ce superaliment très nutritif, offre de multiples bienfaits à l’organisme. Et ce n’est pas Fatima Hamaidi qui dira le contraire ! « J’ai découvert la spiruline par hasard, confie-t-elle. Après des études de commerce, un poste d’attachée de direction et un autre dans une start-up, j’enchaînais les insatisfactions. Au bord de l’épuisement, on m’a conseillé de prendre de la spiruline, et en quelques semaines, j’ai vu les effets positifs sur mon organisme. »

Un marché prometteur

Loin d’en rester là, la jeune femme décide alors de tout plaquer pour se lancer dans la culture de cet or vert. « J’ai toujours été intéressée par les agricultures urbaines et le monde agricole. Alors, je me suis rapprochée de la Fédération des Spiruliniers de France (FSF) qui compte une centaine de fermes, et je me suis formée aux méthodes d’ensemencement et de récolte… » Comparée à la Chine et Hawaï qui fournissent 80 % du marché, la France fait figure de Petit Poucet. Pourtant, les perspectives sont prometteuses, et les spiruliniers français misent sur leur savoir-faire, pour se démarquer. « Les gros industriels utilisent des procédés de séchage ultra-rapide qui altèrent la qualité de la spiruline. Avec Arthur, nous souhaitions privilégier avant tout la qualité à la quantité. »

Première récolte en août 2020

Après un an de recherches, Fatima Hamaidi et Arthur Floréan posent finalement leurs valises à Bruges (33) et installent un bassin hors sol de 200m2. C’est dans cette eau peu profonde, au pH élevé (pH10), que la spiruline va se développer au rythme des saisons. « Nous avons choisi une souche qui provient d’une ferme Ecocert BIO à Montauban. Dans le bassin, nous avons recréé son biotope en veillant à brasser l’eau, et surtout à respecter le pH. » A la croisée de la micro-algue et de la bactérie, la spiruline va alors se multiplier et doubler de volume tous les 48 heures, sous l’effet du soleil. Aucun pesticide, conservateur ou additif : ici, tout est naturel.

La première récolte a eu lieu en août dernier, sous l’œil attentif de Fatima. L’algue, aussi fine qu’un cheveu, est d’abord tamisée dans plusieurs filtres, aux mailles de plus en plus étroites, jusqu’à devenir pâteuse. « Ensuite, on la presse pour enlever l’eau une dernière fois, puis on l’étire sous forme de spaghettis, avant de la mettre à sécher à basse température (40 degrés maximum) pendant 6 à 8 heures. Une fois le procédé achevé, on va la concasser pour obtenir les fameuses paillettes, à saupoudrer sur des plats salés ou sucrés. »

 

Objectif : 600 kg à l’année !

Aux côtés de ces deux jeunes agriculteurs, le Crédit Agricole Aquitaine a financé tout l’équipement : la serre de 1000 M2, le laboratoire, la presse sous vide, le séchoir professionnel, le tambour de récolte … « A ce jour, nous avons récolté 50 kg de spiruline, que nous vendons à la ferme et sur les marchés locaux. Dans un avenir proche, nous aimerions disposer de 4 bassins (soit 800 m2) pour récolter 600 kg à l’année. » Mais il faut être patient, car la spiruline suit le rythme de la nature et en hiver, elle hiberne…

 

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